08.12.2005

Le bilan positif du colonialisme (français)

Par LSA Oulahbib

Prenons l'Algérie comme cas de figure. La laïcité, la constitution de l'Etat de Droit dépassant le stade tribal (que connût la France jusqu'à Louis XIII avec la Fronde des Grands, n'oublions que l'Algérie, en tant qu'Etat, par exemple, est une invention "colonialiste"), l'instruction pour tous, et surtout pour toutes, l'amélioration du système de santé, tout ceci permit l'explosion démographique de la population autochtone et sa sortie de l'état de survie dans lequel les colonisations arabo-islamiques et turques l'avaient maintenu.

Certes, il y eut spolation des terres, surtout après l'insurrection kabyle de 1871 (dont l'origine est bien moins nationaliste que liée à des questions d'honneur) mais dès 1927 "les achats de terres par les indigènes dépasseront ceux des européens : 500 000 hectares au total en 1954".

(In Pierre Goinard, Algérie, l'oeuvre française, prix Maréchal Lyautey de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer, éditions Jacques Gandini, 2001, p.142; sur l'insurrection kabyle, voir p. 119 et mon écrit Les Berbères ou l’(auto-étouffement in A l’ombre de l’Islam, minorités et minorités, Bruxelles, Filipson, 2005.).

Il y eut également la possibilité, en Algérie, (sénatus-consulte du 14 juillet 1865) que les natifs aient le choix "entre continuer d'être régis par la loi musulmane ou jouir des droits des citoyens français en étant régis par les lois civiles et politiques de la France" ( Pierre Goinard, idem, p. 110).

Cette intégration fut refusée par les arabo-islamisés (imprégnant également les kabyles, jusqu'à leur perte), jugeant incompatibles les avancées civilisationnelles citées plus haut (dont la laïcité, l'instruction pour les femmes, le droit individuel de propriété également) et les fondements de l'araboislamité, cette ancienne (et féroce) colonisation qui prétendait encore régir la destinée algérienne.

Elle était aidée en ce sens par le renouveau du nationalisme arabe et de l'islamisme (avec l'arrivée des Saoud). D'où l'organisation par la suite des bains de sang -Sétif, la Toussaint- pour empêcher un tel rapprochement.

Ce processus ne fut évidemment pas freiné par l'illusion des deux Collèges (indigène et européen), un communautarisme avant l'heure.

Pourquoi ?

D'une part parce qu'il n'y avait précisément pas, parmi les natifs de souche (à part Ferhat Abbas), une volonté réelle d'admettre ce que les Gaulois avaient réussi à concevoir : l'apport positif de la colonisation romaine avec un droit unifié, un désir d'union politique malgré la diversité, une conception de plus en plus démocratique des relations sociales, une organisation urbaine distincte des propriétés féodales et ecclésiatiques.

D'autre part, le refus arabo-islamique à évoluer identitairement en prenant en compte les acquis indéniables du point de vue de la civilisation humaine, (celle qui pose l'émancipation, l'ouverture, comme conditions de tout affinement singulier),s'alimentait du refus opposé, celui du tout ou rien, ne comprenant pas qu'il fallait appuyer ces autochtones qui cherchaient à la fois à s'écarter de l'arabo-islamité et de l'assimilation pure et simple (à la façon de ce qui s'est passé en France, avec les dégâts que l'on sait).

Sauf que cet intéressant débat, cette mise en perspective, est aujourd'hui noyé par les relativistes d'extrême gauche et de gauche, les communautaristes de droite et d'extrême droite, qui refusent le socle universel, mettent sur un même pied la sharia et les droits démocratiques fondant de plus en plus la citoyenneté de par le monde.

Il est incroyable, dans ces conditions, que d'aucuns au gouvernement, veulent remettre en cause la loi du 5 février 2005, pour "apaiser les tensions" alors que ce faisant ils leur ouvriraient encore plus la porte puisqu'elles sont fomentées par tous ceux qui refusent l'intégration dans le "Système" (dit "néo-liberal" pour faire mode) pour les uns (résidus gauchistes ayant aujourd'hui pignon sur rue dans les médias et les universités), système "occidental" pour les autres, remettant en cause les "valeurs" et "l'identité" "arabe", "islamique", "noir", autant de crispations en réalité, de nostalgie, refusant de concevoir que les traditions culturelles spécifiques évoluent, se nourrissent les unes les autres, se transforment.

Il est en fin de compte risible d'observer les mêmes individus s'étant battus contre l'immobilité, le fixisme, des "valeurs bourgeoises", soutenir aujourd'hui mordicus les revendications identitaires visant à figer une fois pour toutes la condition humaine et ses singularités sexuelles et individuelles dans un moule culturaliste refusant toute autre innovation que celles inscrites dans un livre écrit il y a treize siècles, ou dans les coutumes ancestrales.

Cette réaction, là, n'est pas dénoncée, sinon par quelques vagues critiques sur "la tentation obscurantiste" mais qui ne vont pas au fond, parce qu'elles ne voient pas que ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est l'avenir de la liberté. C'est-à-dire le devenir de la civilisation démocratique techno-urbanisée, avec ses différences culturelles, nécessaires, mais non suffisantes à elles seules pour penser l'interaction actuelle du devenir mondial et ce dans toutes ses dimensions.

Il est dommage que le débat en France et dans le monde, en soit réduit à cela, au degré zéro de l'analyse, diabolisant sans cesse l'autre, au lieu de percevoir aussi en l'autre, un même que soi. Un sentiment de dégoût ne peut que surnager désormais devant tant de manipulations.


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07.12.2005

La confusion des esprits

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La confusion des esprits

Par LSA Oulahbib

Ainsi, la chose est entendue : d'une part les "émeutes" (pardon, les "troubles", repardon, la révolte "spontanée") auraient, uniquement, une cause "sociale", d'autre part les Américains seraient identiques voire pis que les terroristes "présumés". La preuve ? Leur enlèvement erroné de ce libano-germanique.

Plus précisément, le ("néo")libéralisme aurait engendré et excité les pulsions juvéniles (méchant Sarko ! méchant !) et l' "hyperpuissance" (en "déclin") ne ferait qu'alimenter le feu des damnés de la Terre (mise à mal par ailleurs par ce peuple égoïste -25% d'émission des gaz à effet de serre).

Pour parvenir à la démonstration on mobilisera en France les RG (alors qu'une ancienne de leur directrice, Lucienne Bui Trong, disait le contraire il y a quinze jours dans le Figaro du 7 novembre) ; tandis que les ONG préposées à la défense des "victimes" de l'oncle Sam (réduisant le totalitarisme islamiste à n'en être qu'un épiphénomène) iront traquer la moindre bavure ; se souciant comme une guigne des témoins à charge obligés de se cacher et de déformer leurs voix au procès de l'ignoble Saddam (préférant désormais nier la réalité en se faisant porter pâle).

Par contre, le dernier attentat suicide en Israël, les deux femmes explosant dans l'académie de police en Irak (et récemment l'attentat dans un hôpital) par refus, total, de laisser vivre autre que soi,d'une part, et, d'autre part, le manque, patent, d'analyse sur le défaut (parfois volontaire) d'ouverture symbolique, culturel de certains jeunes issus de l'immigration (nord) africaine, -(parce que cela apparaîtrait comme une trahison, puisque l'identité est perçue comme unique, inamovible, pure)-, ces aspects dénégateurs ne seront guère relevés ou alors niés alors que l'ouverture d'esprit est une condition préalable, sine qua non même, à l'intégration sociale.

Ainsi va la confusion des esprits ; s'auréolant bien sûr de chiffres manipulés, tout en opposant études (mais quel est leur protocole, et a-t-il été vérifié par plusieurs laboratoires ?) et témoignages (que lisent, elles, et avec délectation, les directions du FN et du MPF).

Au lieu donc de se demander, cas par cas, pourquoi tel jeune s'en prend à son école, la crèche, le gymnase, le bus, le garage automobile et guère à la discothèque ou au magasin de fringues, on va réduire toute cette complexité à une seule dimension (alors qu'un gamin de 14 ans ne pointe pas aux assédic).

Au lieu de tenter de comprendre que certains, en islam, veulent imposer intégralement celui-ci, -et ce non pas en réponse à un manque d'intégration ou de développement, mais parce qu'ils refusent et l'un et l'autre, certains préfèreront plutôt prendre pour argent comptant les explications des résidus post-communistes ou situationnistes comme Chomsky, Garaudy, Baudrillard. Ils pourront ainsi tout à loisir voir dans le colonialisme, occidental, (parce que le colonialisme arabo-islamiste, lui, sera nié)-, la cause de tous les maux, -(autant dans ce cas reprocher à l'occupation romaine son influence sur l'esprit français...).

Au lieu, donc, de tenter de discerner les facteurs, de les peser cas par cas s'agissant des jeunes en rupture de ban et des motivations islamistes, on évitera de les contextualiser dans leur dynamique propre. Tel que par exemple rattraper un retard présumé (à l'école, dans le monde) par la terreur. Ce qui paraphe pourtant l'échec, définitif, du modèle islamique -(insultant Juifs, Chrétiens, les accusant, et ce dans le coran même, d'avoir falsifiés leurs Ecritures,sacrées, sans parler des autres religions bien plus encore méprisées).

Ainsi, au lieu de prendre à bras le corps tout cela, et plutôt que de chercher à sortir de ce qui le constitue comme tourbillon infernal, -(indiquant déjà que nous sommes en pleine catastrophe comme le souligne, à l'excès cependant, Philippe Murray dans l'avant dernier numéro du Point)-, il se trouve que les nouveaux idiots utiles qui nous gouvernent, jusque dans la tête, préfèrent s'entêter à se tromper, à nous tromper.

Ils se délectent de continuer à voir la réalité en rose et même somment d'y croire, nous assommant de chiffres et de rapports inutiles (qui vont alimenter la critique, rongeuse, des souris comme le disait Marx). Ils s'entêtent. Persistent. Malgré leurs erreurs (monstrueuses) passées : communisme, tiers-mondisme, étatisme, (jusqu'à la méthode globale dans l'apprentissage de la lecture).

Ils se drapent aujourd'hui dans l'easy morality comme il existe de l'easy listening.

Pendant ce temps, la misère, en France, en Italie, dans les pays dominés par le national arabo-islamisme, en Amérique du Sud, en Afrique, s'accroît (puisque l'économie et les réformes politiques sont bloquées). Et, dans le monde, le totalitarisme islam(iste) attire tous les haineux et les détraqués (encouragé par les belles âmes fascinées devant la violence pure). Tout en revendiquant, lorsque ses membres se font attrapés, que ces derniers soient désormais considérés comme des "prisonniers politiques", bref, des "victimes" du "Système", qui exigeront à terme la sécu, les minima sociaux et les 35 heures pour les risques encourus (puisque, paraît-il, ils combattent au nom de tous les "opprimés").

Ce n'est pas Ben Laden qui est sommé de s'expliquer mais Rice. Ben Laden est une victime. Rice une dominante (ou une dominée qui, hélas, n'a pas lu Dieu(ne lui a rien)donné). Et tournez manège ! Une vraie démocratie meurt mais ne se rend pas. Ce qui est faux : en mourant elle rend tout, surtout son âme. Par exemple en 1938. Sauf que, shit ! les amerlocs sont venus nous délivrer (fuck! ils étaient de mèche avec les boches, sûr! c'était un complot juivo-maçonnique vous dis-je!).

Ainsi va le (petit) monde. Et son (petit) nombril, ses (petits) souliers, hurlant de temps en temps devant les icônes de l'heure à détester : Bush ou le réchauffement (et vice version), les islamophobes, les voitures en ville, et les jolies filles (à envelopper dans des sacs à patate le plus vite possible, c'est mon choix na!).

Narcissisme, tout azimut. Il (nous) contamine. Et, surtout, aveugle : Moi=Moi : .




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04.12.2005

La question de la torture en période de guerre

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La question de la torture en période de guerre

Par LSA Oulahbib

Si l'on écoutait toutes les belles âmes, surtout celles qui utilisent en réalité le thème de la torture comme moyen ultime leur permettant d'enrayer dans l'opinion l'idée que le processus démocratique en Irak s'avère une bonne chose, et ce au-delà des vicissitudes tactiques, si on les écoutait il faudrait refuser d'utiliser la force, ne tirer aucune balle contre aucun ennemi puisqu'il s'agit de ne pas faire comme lui, surtout si sa lutte est légitime, et enfin parce qu'il est un "être humain".

Sauf qu'il existe une différence majeure entre la torture d'innocents (et leur mise à mort systématique ultérieure) comme l'a effectué le régime de Saddam, et l'interrogation musclée effectuée non pas sur des suspects présumés mais sur des insurgés combattants pris les armes à la main, préparant les carnages futurs d'innocents, y compris au moment des funérailles ou à l'entrée des hôpitaux lorsque les ambulances arrivent avec leurs blessés. Ne confondons pas ces interrogations effectuées par la Coalition (qui se terminent rarement par la mise à mort) et en effet certaines exactions réalisées par les milices infiltrées dans les nouvelles forces irakiennes.

Par ailleurs ces insurgés n'ont aucune autre légitimité que celles qu'ils se donnent, (puisqu'ils refusent de participer au processus démocratique), et que leur octroient certaines de ces belles âmes dont la mobilisation actuelle alimentent en réalité cette fausse impression d'avoir à faire au cas traditionnel d'une révolte contre "l'occupant". Or, ce n'est, très strictement, pas le cas.

Il est dommage de le préciser. Deux élections démocratiques ont eu lieu, et les prochaines, celles du 15 décembre, verront nombre de partis dits "sunnites" y participer, malgré les menaces opérées contre eux par cette pseudo "résistance" magma de partisans de l'ancien régime, de djihadistes, et d'idiots utiles pensant se battre pour leur pays alors qu'ils sont utilisés contre lui, faisant croire alors aux journalistes béats qu'il existe une "lutte" contre l'oppression occidentale, alors que si la majorité irakienne pouvait parler ouvertement sans avoir peur des représailles, elle ne dirait pas que la situation est pire que sous Saddam, même si des politiciens comme Allawi (l'ex-premier ministre irakien) ont prononcé une telle phrase, visant seulement cependant les torturés retrouvés dans les locaux du Ministère de l'intérieur.

Il est dommage que les belles âmes soucieuses d'agiter les principes lorsqu'elles entendent les mots "Bush" et "Blair", s'assoient dessus lorsqu'il est question de tortures d'innocents, n'ayant aucune mort sur la conscience, en Afrique du Nord, en Chine, en Russie, et ce parce qu'ils ont voulu précisément défendre ces dits principes que nos belles âmes leur dénient en réalité, comme on le voit en Irak lorsqu'elles soutiennent des assassins.

Ces belles âmes préférent s'enfoncer dans le formalisme juridiste qui fait par exemple passer Saddam pour un innocent, un accusé "présumé", allant jusqu'à refuser qu'il soit jugé en Irak, pensant sans doute que le peuple irakien, peuple de ce "Sud" mythique (génétiquement bon), n'est pas encore assez "mûr" pour manier "la" Justice, celle que le Nord serait seule à posséder, à pouvoir manier si bien (comme on l'a vu récemment en France, à Outreau ?...).

Il est incroyable qu'un tel déni de réalité puisse faire passer ces dangereux totalitaires islamistes et baathistes pour d'innoncents agneaux, victimes, paraît-il, du capitalisme mondial représenté par Bush (et Sharon?), obligés dit-on de se réfugier dans les versions les plus obscurs de leur tradition, alors que ces agneaux refusent en réalité d'enlever leur masque, de dévoiler leur vrai visage visant à revenir à une époque où ils dominaient par la force pure au bout du sabre, appliquant en permanence pillage et prise d'otages, même s'il y avait des moments d'éclaircies (comme dans l'ancienne Bagdad et en Andalousie) que les nouveaux islamistes dénient d'ailleurs ne retenant seulement que la conquête, mettant sur le dos de l'ouverture à la pensée des Grecs des Juifs et des Chrétiens, la cause de la décadence ultérieure.

Mais, par une opération qui dure depuis quelques dizaines d'années, vous n'en saurez évidemment rien, vous, l'opinion, nourrie de canigou recyclé via les décharges idéologiques des théories mortes cherchant à renaître à reprendre corps (tels des fantômes) vampires, zombis, manipulant la part indispensable de vrai se nichant au creux de tout évènement pour donner l'impression de dire des choses, de faire oeuvre pour l'Humanité, alors qu'elles l'enfoncent et (sur)vivent les crocs accrochés à sa gorge.




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